Guerre en Ukraine: quelles répercussions pour le monde? | Land Portal

Conflit et insécurité alimentaire ne vont pas l’un sans l’autre, car des systèmes alimentaires stables et un développement durable sont tout simplement impossibles sans la paix. Le FIDA est vivement préoccupé, non seulement par la crise humanitaire qui accompagne le prolongement de la guerre en Ukraine, mais aussi par les effets qu’auront la hausse des prix et les pénuries de cultures de base sur les populations les plus vulnérables du monde.

Un contexte mondial fragile touché par les effets en chaîne de la guerre

Avec la mondialisation, l’ensemble de la planète subit les effets d’un conflit touchant une région en particulier.

L’Ukraine et la Russie sont d’importants producteurs de blé, de gaz et d’engrais, entre autres produits de base importants. Les perturbations touchant la filière alimentaire engendrent déjà des conséquences économiques et financières négatives, en particulier dans les pays en développement qui se trouvent déjà en difficulté face à la pandémie de COVID-19 et aux changements climatiques. La fluctuation de l’offre et les variations des prix alourdiront encore le poids de la dette, limiteront les perspectives de croissance et bouleverseront les systèmes alimentaires du monde entier.

Par ailleurs, et de façon assez inquiétante, les conflits touchant une région peuvent souvent faire naître une instabilité dans une autre, l’insécurité alimentaire et l’inflation exacerbant la pauvreté et l’instabilité sociale.

L’insécurité alimentaire, la conséquence de brusques variations des prix

La Russie et l’Ukraine sont à l’origine de près d’un tiers des exportations mondiales de blé. Les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord importent quant à eux plus de la moitié de leurs céréales depuis cette région. L’Égypte, par exemple, importe 85% de son blé de la région de la mer Noire.

Dans les pays où la production est insuffisante pour couvrir les besoins alimentaires, la hausse des prix résultant d’exportations limitées menace d’aggraver les problèmes de famine.

De nombreux pays vulnérables risquent de ne pouvoir faire face à des chocs à long terme. Le Liban, par exemple, importe 80% de son blé depuis la Russie et l’Ukraine, mais ne peut le stocker qu’environ un mois à la fois en raison de l’explosion du port de Beyrouth en 2020, qui a détruit les principaux silos à grains du pays. Un conflit prolongé en Ukraine ne pourra que peser très lourd sur le Liban, qui compte déjà 22% de familles souffrant d’insécurité alimentaire.

Au Sahel, près de la moitié de la population de pays comme le Niger, le Tchad, le Burkina Faso ou le Mali vit aujourd’hui en situation d’extrême pauvreté. Le conflit aggrave les barrières commerciales, la baisse des importations alimentaires, les vulnérabilités face au climat et les effets de la COVID-19, créant ainsi une « tempête parfaite » pour l’insécurité alimentaire dans cette région déjà très vulnérable.

Un secteur agricole menacé partout ailleurs

Les perturbations dues au conflit qui touchent les filières mondiales des intrants agricoles, comme les engrais et le gaz, pourraient avoir des conséquences négatives à long terme sur les petits producteurs, en particulier lorsqu’ils démarrent une nouvelle période de semis et se retrouvent confrontés à des pénuries d’engrais ou de gaz naturel et à une flambée des prix.

Par exemple, en République centrafricaine, les deux tiers de la population vivent dans la pauvreté. La mauvaise qualité des intrants agricoles constitue une contrainte majeure pour le secteur agricole du pays. La hausse des prix aura des conséquences sur l’utilisation des intrants et sur les rendements, et pèsera davantage sur la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté dans le pays.

En Somalie, 3,8 millions de personnes environ souffrent déjà d’insécurité alimentaire grave. Le coût de l’électricité et du transport, en hausse en raison de l’augmentation du prix des carburants, a produit des effets disproportionnés sur les petits exploitants, dont la survie dépend de l’agriculture irriguée alimentée par de petits moteurs diesel.

Effets sur l’économie mondiale

La guerre en Ukraine pourrait avoir de graves répercussions sur la dette, les perspectives de croissance mondiale et les taux d’intérêt. Selon les estimations de l’OCDE, la croissance économique mondiale sera inférieure d’au moins un point de pourcentage aux projections en 2023, et l’inflation mondiale pourrait s’accélérer encore davantage, d’environ 2,5 points de pourcentage.

L’augmentation des prix liée au conflit alourdit la charge de la dette et réduit le budget consacré au développement de nombreux pays déjà durement touchés par la pandémie de COVID-19, contribuant ainsi au cercle vicieux de l’endettement et de la faible productivité.

Expérience et intervention du FIDA

Pour répondre à la guerre en Ukraine, le FIDA protégera en premier lieu les moyens d’existence et les biens de production des petits exploitants et des populations rurales pauvres, en veillant à ce qu’ils puissent respecter les saisons de semis et de récolte à venir, et en protégeant leur sécurité alimentaire immédiate. En d’autres termes, il assurera l’accès des producteurs aux ressources en matière de production, aux ressources financières, aux infrastructures et aux informations.

Notre expérience récente en matière de réponse à la pandémie de COVID-19 et aux crises alimentaires passées montre à quel point il est important de garantir l’accès immédiat des ménages aux ressources, pour aider les personnes à faire preuve de résilience face à la hausse des prix et aux perturbations touchant les marchés.

En sa qualité d’organisme spécialisé des Nations Unies et d’institution financière internationale, le FIDA est particulièrement bien placé pour le faire. Il investit depuis longtemps dans le renforcement de la résilience à moyen et long terme, et se fonde sur les données et les projets existants pour ses interventions ciblées à court terme.

Remarque: les chiffres mentionnés datent du 25 mars 2022.

 

Lire notre communiqué de presse relatif aux effets du conflit en Ukraine sur la sécurité alimentaire au Proche-Orient et en Afrique du Nord.

Lire la déclaration du Président du FIDA en réaction au conflit (en anglais).

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