Récolter l’espoir : quand les petits exploitants gèrent l'insécurité alimentaire en Afrique de l'Ouest et du Centre | Land Portal

 Crédit photo : Vincent Tremeau/ Banque Mondiale (CC BY-NC-ND 2.0 (link is external))

Tous les petits exploitants agricoles devraient pouvoir vivre leurs ambitions et assurer une existence meilleure à leurs familles et communautés même dans les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre touchés par l’insécurité alimentaire. C’est ce qu’a fait Tatiana, agricultrice dans les environs de Bambari, une région de la République centrafricaine (RCA) marquée par les conflits. 

En RCA comme dans de nombreux autres pays de cette partie du monde, plus de 80 % de la population travaille dans le secteur agricole. L’augmentation des rendements est donc essentielle pour la transformation économique de ces pays.

Des réformes et investissements adéquats, favorisant les bonnes pratiques telles que la gestion des sols et les méthodes climato-intelligentes, permettraient à la région de nourrir 418 millions d’habitants.

 
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Rizières à Bambari, haut lieu de l'insécurité alimentaire en République centrafricaine. Crédit photo : Vincent Tremeau.


 

 
 
 

 
 

Cependant en RCA, au Togo et dans les pays du Sahel, au cœur de l’Afrique de l’Ouest et du Centre, les populations paient un lourd tribut en raison des effets conjugués de la crise alimentaire et énergétique, des conflits locaux, de celui dans la lointaine Ukraine, et des chocs climatiques toujours plus fréquents.

L’Afrique de l’Ouest est confrontée à la pire crise alimentaire des dix dernières années. En cinq ans, les cours des céréales y ont augmenté de plus de 30 %.

Plus que jamais dans la région, la sécurité alimentaire et les perspectives de développement sont liées à l’avenir de l’agriculture. 

 
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Le marché central de Bangui en République centrafricaine. Crédit photo : Vincent Tremeau.


 

 

Crédit photo : Vincent Tremeau.

Crédit photo : Vincent Tremeau.

Crédit photo : Vincent Tremeau.

République centrafricaine
de petits exploitants rêvent en grand

Accroupie dans la boue sous un soleil de plomb, une femme repique du riz. C’est la saison des semailles en RCA. Hommes et femmes, comme Tatiana, sont à pied d’œuvre dans la rizière depuis 5 heures du matin.

Tatiana a beau sourire et travailler sans effort apparent, elle est couverte de sueur. Effectuant ses gestes en cadence, avec rigueur et précision, elle prend soin de repiquer chaque plant à égale distance, comme elle l’a appris à l’école agricole.

« Je donne l’exemple à mes enfants pour qu’ils comprennent qu’il faut travailler dur et poursuivre leurs études… J’espère que plus tard, ils se spécialiseront dans l’agronomie, afin de pouvoir cultiver de vastes superficies et embaucher », dit Tatiana, le sourire aux lèvres.

 

Tatiana travaille aux champs avec ses parents depuis son plus jeune âge. Aujourd’hui propriétaire de trois hectares, elle fait partie de l’association locale de riziculteurs. « J’adore cultiver la terre ! » confie-t-elle.

Le projet de réponse urgente à la crise alimentaire en Centrafrique (PRUCAC) a procuré à 329 000 petits exploitants - parmi lesquels Tatiana - des semences, des outils et une formation aux techniques agricoles et post-récolte, pour développer leur production tout en résistant mieux aux risques liés au climat ou aux conflits.

Résultat : la production alimentaire locale est passée de 28 000 tonnes en septembre 2022 à 73 000 tonnes en juin 2023, soit une augmentation de 250 %.

 
 

 


 

Le projet de réponse d'urgence à la crise alimentaire a fourni des intrants agricoles et un appui technique à près de 329 000 petits producteurs.


 
 
 

 
 

Sous les effets persistants du conflit et de la pandémie de COVID-19, la sécurité alimentaire et les conditions de vie se sont détériorées dans le pays. En 2023, environ 3 millions d’habitants souffrent d’une insécurité alimentaire aiguë. Plus de sept personnes sur dix vivent avec moins de 1,90 dollar par jour et n’ont qu’un accès limité aux services essentiels.

Pour des agriculteurs comme Tatiana, qui élève neuf enfants, recevoir des semences, des engrais, des équipements et une formation a joué un rôle déterminant dans la hausse de la production. Maintenant qu’ils ont appris les techniques post-récolte, ces petits exploitants peuvent stocker correctement leurs produits et les vendre sur les marchés locaux, en augmentant considérablement leurs revenus. Désormais, Tatiana, qui gagne de quoi faire bouillir la marmite et consacrer ses économies à l’éducation de ses enfants, assure l’avenir de sa famille.  

 
Cabo Verde

Tatiana a appris des nouvelles pratiques climato-résilientes dans les Champs-Écoles de Producteurs. Crédit photo : Vincent Tremeau.


 
 
 

Tatiana rêve grand. Elle espère que ses enfants deviendront agronomes plus tard. Crédit photo : Vincent Tremeau.

Mené conjointement avec le ministère de l’Agriculture, le Programme alimentaire mondial (PAM) et l’Organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le projet a produit des résultats de vaste ampleur en tirant parti des atouts de chaque partenaire. La Banque mondiale a également accompagné l’élaboration d’un plan de préparation aux crises de sécurité alimentaire afin d’identifier les problèmes et de définir les financements et actions supplémentaires à déployer à titre préventif.

Le projet, dont Tatiana et les autres cultivateurs ont bénéficié, a changé leurs vies. Ils peuvent désormais assurer à leurs familles respectives trois repas par jour et nourrir d’importantes ambitions pour l’avenir. 

 

 

 

 

 

Togo
nourrir les sols pour nourrir les populations

Victoire Dabla, agricultrice togolaise, espère une bonne récolte en contemplant la rizière verdoyante qu’elle a amendée avec des engrais fournis et subventionnés par un organisme public, la Centrale d’approvisionnement et de gestion des intrants agricoles (CAGIA).  

 

« Les engrais sont indispensables car notre sol est pauvre. Sans eux, les feuilles du riz deviennent jaunes, puis rouges. Avec l’engrais, elles sont bien vertes », déclare-t-elle.  

 

 
 

 


 

Découvrez comment des agriculteurs comme Victoire Dabla utilisent les engrais de manière durable pour améliorer leur rendement et la santé des sols.


 

 

Victoire, rizicultrice à Mission-Tové situé à 30 kilomètres de Lomé, la capitale, fait partie des nombreux cultivateurs confrontés à la dégradation des sols et à leurs maigres rendements. Pour elle comme pour beaucoup d’autres, apprendre à utiliser des engrais de manière soutenable est indispensable pour apporter des nutriments à la terre et améliorer sa productivité, tout en l’assainissant à long terme.

 

Crédit photo : Kudjo Kaglan.

Pour la plupart des pays d’Afrique, mettre les engrais à la portée de leurs agriculteurs est une gageure.

Les prix des engrais ont triplé depuis le début de 2020 et restent volatils, ce qui prive de nombreux petits exploitants d’un approvisionnement stable. En outre, l’invasion russe en Ukraine a aggravé la situation, en raison de l’interruption des exportations d’engrais par des fournisseurs de premier plan comme le Bélarus et la Russie. Les apports en engrais sont faibles en Afrique subsaharienne, avec 22 kilos par hectare contre une moyenne mondiale sept fois plus élevée.

Lors de la table ronde sur les engrais et sur la santé des sols tenue à Lomé en mai 2023, le président du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé a approuvé avec d’autres chefs d’États et ministres de pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre la déclaration de Lomé. Les signataires ont ainsi affirmé leur engagement en faveur du renforcement de la résilience des systèmes agricoles et alimentaires, ainsi que d’une accélération des investissements et réformes visant à rendre les engrais plus accessibles et abordables.

 

Victoire Dabla a appris à utiliser les engrais et a pu augmenter ses rendements agricoles de manière significative. Crédit photo : Kudjo Kaglan.


L'#Afrique peut ouvrir la voie à une révolution agricole verte. Mostafa Terrab, président-directeur général du OCP Group, appelle à renforcer le secteur des engrais et à améliorer la santé des sols en Afrique de l'Ouest et du centre... #NourrissonsLesSols
 

Entretien avec Mostafa Terrab, président de l'OCP.


 

 
 
 

Le riz est l'une des cultures vivrières les plus importantes du pays. Dans le cadre de la post-récolte, le broyeur de riz sépare les grains de la balle.  Crédit photo : Kudjo Kaglan. 

« Sans vision, sans stratégie, les engrais passent bien vite d'une promesse de restauration des sols à la cause de leur détérioration. Face à ce besoin de trouver un juste équilibre, la planification et l'implication de l'État s'imposent. C’est pourquoi je suis favorable à une planification régionale », a déclaré le président togolais.

 

Via le Programme de résilience des systèmes alimentaires en Afrique de l'Ouest, doté d’un financement de 761 millions de dollars, la Banque mondiale a d’ores et déjà redoublé ses efforts dans sept pays d’Afrique de l’Ouest afin d’accroître la production agricole, grâce à l’adoption de techniques climato-intelligentes, à la promotion de chaînes de valeur intrarégionales et au renforcement des capacités de gestion des risques agricoles. Au total, en Afrique de l’Ouest et du Centre, le soutien de la Banque mondiale a déjà permis à plus de 7,6 millions d’exploitants de bénéficier de biens et services agricoles, tandis que plus de 200 000 tonnes d’engrais ont été livrés à des agriculteurs vulnérables.

 
 
 

 
 
 
 
 

Au Togo en mai 2023, une cargaison de 34 000 tonnes d’engrais a été distribuée à partir du port de Lomé pour faire face aux besoins urgents des producteurs togolais.

 

« Quand nous avons appris qu’on nous livrait des engrais, nous étions contents et impatients, car certains d’entre nous avaient déjà semé du riz. Il fallait donc que des fertilisants arrivent vite pour que nous puissions les répandre dans nos rizières. Les cargaisons nous sont parvenues en temps et en heure, ce dont nous sommes très reconnaissants », déclare Victoire Dabla.

 

 

 

 

 

 

Pour un avenir plus vert

La révolution verte de l’Afrique repose sur des millions d’agriculteurs, des femmes et des hommes comme Tatiana, Nouhou ou Victoire, qui cultivent la terre pour nourrir les populations.

Aux côtés des pays, et en collaboration avec ses partenaires du développement et ses partenaires africains, la Banque mondiale intensifie son soutien à la mise en place d’une agriculture résiliente, créatrice d’emplois tout en favorisant un développement durable.

Notre mission : mettre fin à la pauvreté dans le monde sur une planète vivable.

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Crédit photos : Banque mondiale, Vincent Tremeau et Kudjo Kaglan.

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