Une plateforme de données révolutionnaire, élément clé de la lutte contre l’insécurité alimentaire aiguë en cas de crise alimentaire | Land Portal

©FAO  (CC BY-NC-ND 2.0 DEED)

Le Système d’information de la FAO pour les données sur les situations d’urgence (DIEM) surveille l’incidence qu’ont les chocs sur les moyens de subsistance agricoles

 

Rome – Des données détaillées, exhaustives et actualisées sont essentielles pour faire face aux effets qu’ont des chocs tels que les sécheresses, les séismes ou les conflits sur la production agricole et les moyens de subsistance dans les régions du monde touchées par des crises alimentaires. 

Depuis son lancement, lors de la première vague de la pandémie de covid-19 il y a trois ans, le Système d’information pour les données sur les situations d’urgence (DIEM) de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) aide les décideurs à évaluer l’insécurité alimentaire aiguë des ménages agricoles et à en analyser les facteurs lorsque de tels chocs se produisent. 

Alimenté par des données primaires recueillies régulièrement, combinées à des données géospatiales, DIEM est un outil novateur par sa taille, sa sophistication, sa qualité et sa rapidité. C’est la première fois que des données axées sur les moyens de subsistance agricoles dans des contextes de crise alimentaire sont recueillies à cette échelle et à cette fréquence.  

 

DIEM est actuellement actif dans plus de 25 pays en crise alimentaire et son système de surveillance enquête sur environ 150 000 ménages par an, ce qui représente plus de 650 millions de personnes. 

 

Selon Rein Paulson, Directeur du Bureau des urgences et de la résilience de la FAO, «le système DIEM comble une importante lacune dans notre compréhension des effets qu’ont les chocs sur les moyens d’existence agricoles». «Cela présente un grand intérêt non seulement pour la FAO mais aussi pour nos partenaires, car cela nous permet de prendre collectivement de meilleures décisions, qu’il s’agisse d’anticiper ou de réagir.» 

 

En Afghanistan, par exemple, plus de 20 propositions de projet ont été rédigées à l’aide de données DIEM, ce qui a permis de récolter plus de 400 millions d’USD pour la seule année 2022; d’autre part, la FAO ne rédige plus, pour ce pays, aucune proposition sans citer des données DIEM. En outre, des pays comme le Bangladesh, le Mali, le Mozambique et la Sierra Leone citent désormais les données DIEM dans leurs propositions de projet, ce qui les aide à obtenir des fonds pour des projets de terrain. 

 

Comme autre exemple récent d’utilisation de ce système par les partenaires de la FAO, on peut citer le séisme qui a dévasté, en février, de vastes régions de Türkiye et de Syrie. Dans les jours qui ont suivi l’événement, l’équipe DIEM a produit une analyse préliminaire des terres cultivées exposées à différents niveaux d’intensité du séisme et l’a affichée sur une carte interactive qui détaillait la situation au niveau des districts et des sous-districts. Ce type de produit est essentiel pour cibler les évaluations de terrain et l’aide d’urgence.  

 

Carpe DIEM 

DIEM a été conçu par la FAO et est financé par le Bureau de l’assistance humanitaire de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), avec des contributions de l’Union européenne et du Fonds spécial de la FAO pour les activités d’urgence et de relèvement. 

 

La plateforme vise à aider les membres de la FAO, les institutions des Nations Unies, la communauté des donateurs et d’autres parties prenantes à prendre des décisions à même de déclencher des actions d’anticipation et de réaction appropriées à l’appui des moyens de subsistance agricoles. 

 

Les données sont recueillies plusieurs fois par an dans les pays les plus touchés par l’insécurité alimentaire en sondant les ménages au moyen d’entretiens téléphoniques assistés par ordinateur et d’enquêtes menées en face à face, puis publiées rapidement sur la plateforme. Elles sont traitées et analysées en trois jours seulement, le cycle de vie complet, de la collecte des données à leur validation et à leur publication, ne prenant que 30 jours. 

 

Transparence et ouverture sont les maîtres-mots du projet. Quiconque peut créer un compte DIEM pour parcourir les enquêtes, naviguer dans les tableaux de bord, exporter des cartes et télécharger des données. Cela permet de faire en sorte que DIEM, bien public, puisse être utilisé par la communauté humanitaire, les universitaires, les médias et toutes les parties prenantes pour bénéficier de la grande quantité de données qui y sont disponibles pour tout un chacun. 

 

Les chocs analysés par DIEM comprennent à la fois des risques naturels et des risques d’origine humaine. Ils incluent les risques liés au climat, les séismes, les éruptions volcaniques, les invasions de ravageurs, les conflits et la violence, ainsi que les chocs économiques. 

Outre un suivi régulier des crises alimentaires, la plateforme DIEM fournit également une image intégrée des effets des risques de grande ampleur (chocs graves) sur les moyens de subsistance ainsi qu’une estimation de la valeur monétaire des dommages et des pertes subis par le secteur agricole. Pour ce faire, elle combine la télédétection, l’examen des données secondaires, la réalisation d’enquêtes auprès des ménages, la tenue d’entretiens avec des informateurs clés, des discussions de groupe, et la réalisation d’enquêtes participatives. 

 

Un exemple intéressant est celui du Pakistan, où le système a facilité la tenue d’un exercice d’évaluation des dommages et des pertes subis par l’ensemble du secteur agricole suite aux inondations dévastatrices survenues de juin à septembre 2022. Les résultats ont ensuite été affichés, sur la plateforme DIEM, sur une carte interactive qui décompose les dommages et pertes subis en sous-secteurs (cultures, bétail, pêche) par province touchée. 

 

Les données DIEM sont également conçues pour alimenter le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) et d’autres actions de programmation de la réponse humanitaire, par exemple en tant que source de mesures de l’insécurité alimentaire récente fondées sur l’échelle de mesure de l’insécurité alimentaire vécue (FIES). Au fil du temps, cela se révélera essentiel pour améliorer la couverture et la fiabilité des évaluations de l’insécurité alimentaire aiguë fournies par l’IPC dans les pays inclus dans le système DIEM. 

 

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