Un réseau pour redynamiser la Grande muraille verte | Land Portal

Crédit image: Olivier Bory de Pixabay  (CC BY-NC-ND 2.0 DEED)

Le lancement officiel du réseau international de recherche ‘RESET GMV’- Recherche, expertise scientifique et savoirs pour la gestion durable des terres et territoires de la Grande muraille verte (GMV) a eu lieu les 25 et 26 avril 2023 à Djibouti.

Porté par l’Institut de recherche pour le développement (IRD), le réseau qui comprend plus de 150 scientifiques issus de différents domaines, a pour objectif d’offrir un cadre de mobilisation pour la gestion durable des terres et des territoires dans la zone de la GMV.

Selon Valérie Verdier, directrice générale de l’IRD, il s’agit d’un dispositif qui s’engage, sur plusieurs années avec des partenaires, à co-construire ce réseau.

“Le réseau a pour mission d’accompagner le programme de la GMV  en s’inscrivant dans la production de données, d’indicateurs de mesure d’impacts sur la population, sur l’environnement et, en essayant de mieux connaitre les conditions dans lesquelles ces actions vont réussir, être transférées et adoptées par les populations”

Oumarou Malam Issa, IRD

« L’idée est de mettre en relation l’ensemble des partenaires qui travaillent autour de la Grande muraille verte et aussi, des représentants des pays de la GMV… », a-t-elle déclaré au cours d’un point de presse hybride (en présentiel et en ligne) organisé le 25 avril.

Il est question « d’avancer sur les objectifs de la GMV, mettre en réseau les scientifiques pour produire des connaissances, pour capitaliser sur tout ce qui a déjà été fait, mais surtout pour avancer vers des solutions qui soient durables au service des populations les plus vulnérables », ajoute la chercheure.

Les chercheurs du réseau auront pour mission « d’accompagner le programme de la GMV […] en s’inscrivant dans la production des données, des indicateurs de mesure d’impacts sur la population, sur l’environnement et, en essayant de mieux connaitre les conditions dans lesquelles ces actions vont réussir, être transférées et adoptées par les populations », renchérit Oumarou Malam Issa, directeur de recherche Science du sol à l’IRD.

A travers ce réseau, l’IRD veut placer l’expertise scientifique parmi les leviers de la réussite du projet de la GMV. L’Agence panafricaine de la Grande muraille verte (APGMV), l’organisation interétatique de coordination, d’harmonisation des actions et d’appui à la mobilisation des ressources, rappelle d’ailleurs que le volet recherche-développement est capital pour l’atteinte des objectifs.

« C’est un aspect transversal qui accompagne le développement des activités de l’agence panafricaine. Comme vous le savez, le document de planification global qui est la boussole de l’agence, qui est le plan d’investissement prioritaire décennal, accorde une importance particulière à la science et à la recherche », soutient Thiam Sakhoudia, chef du service « Recherche et développement » à l’APGM.

Dans cette optique, des partenariats sont noués entre l’agence et de nombreuses institutions de recherche et universités à travers le monde.

« […] C’est pourquoi nous restons très ouverts à tous les partenariats, à toutes les initiatives, à tous les réseaux de recherche pour améliorer la visibilité de l’agence et pour que les résultats de la recherche soient disponibles au niveau des populations », confie-t-il.

Accélérateur

La Grande muraille verte du Sahara et du Sahel a été mise en place en 2007 par 11 pays membres de l’Union africaine : Burkina Faso, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad.

L’initiative vise la restauration de 100 millions d’ha de terres dégradées, la séquestration de plus 250 millions de tonnes de carbone et la création de 10 millions d’emplois verts d’ici à 2030.

Pour sa réalisation, l’initiative a besoin de 33 milliards de dollars. Mais, depuis son lancement, elle a pris du retard dans son développement à cause d’un manque de ressources financières.

Face à ces difficultés, l’accélérateur de la GMV a été créé au cours du « One planet summit » pour la biodiversité, organisé au mois d’avril 2021 à Paris, avec pour but de donner un nouvel élan au projet.

Les différents partenaires se sont engagés à mobiliser plus de 17 milliards de dollars pour accompagner le projet sur 5 ans (2021-2025).

« (…) A la dernière évaluation, nous étions à 15 % de mobilisation. Ce qui est un peu timide quand on sait que de 2021 jusqu’à présent, on a deux ans de déroulement de l’initiative. La mobilisation n’est pas très effective », déplore Thiam Sakhoudia.

Toutefois, « l’accélérateur essaye de booster la mobilisation afin de mettre à disposition les ressources financières auprès des pays. L’ambition est tellement grande que la mobilisation des ressources est un pan important… », rassure-t-il.

Selon ses explications, cette faible mobilisation des fonds est due à de nombreux blocages parmi lesquels l’absence de renforcement des capacités des experts.

« Chaque bailleur a ses procédures, ses exigences et aujourd’hui, il faudrait que les experts soient renforcés pour pouvoir faire des projets bancables qui vont permettre de mobiliser les fonds qui ont été annoncés », dit-il.

Au niveau des pays, les ministères des Finances, du plan et de la coopération devraient également jouer un rôle crucial dans ce dispositif pour aider les pays à pouvoir mobiliser ces fonds.

Cet engagement politique est important, car « accompagner la recherche, la financer, créer des infrastructures, c’est quelque chose qui peut permettre la concrétisation de ce que nous pouvons faire », indique Nabil Mohamed Ahmed, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de Djibouti.

Pour cela, ajoute-t-il, il faudrait identifier des partenaires fiables dans la recherche. Des partenaires qui pourraient permettre d’avancer et de faire le lien entre les politiques, les structures de recherche nationales et internationales et les chercheurs.

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