Audition des candidats à la présidentielle 2024 au Sénégal : les programmes politiques autour des questions liées à la jeunesse passés au scanner par le SenRTT | Land Portal

 Photo : IPAR (CC BY-NC-ND 2.0 DEED)

Dans le cadre de la journée internationale des Think Tank célébrée le 31 janvier de chaque année, le Réseau sénégalais des Think tank (SenRTT), en collaboration avec le Programme d’Appui à la Société Civile (PASC) soutenu par l’Union Européenne sous la coordination de la PFANE et regroupant une dizaine de plateformes et de réseaux, a initié, pour l’édition 2024 de cette journée, une session de dialogue thématique avec les candidats en lice pour le prochain scrutin présidentiel au Sénégal.

La célébration de cette journée a coïncidé avec le démarrage de la campagne électorale. L’occasion a, ainsi, été saisie pour susciter le débat autour d’un enjeu important du moment avec les candidats retenus pour la présidentielle : la prise en charge de la question des jeunes, dans un contexte marqué par une incertitude quant à leur avenir (chômage, émigration clandestine, etc.). Cette problématique a été abordée en relation avec d’autres enjeux cruciaux, à savoir : la souveraineté alimentaire, l’emploi, la gestion des ressources naturelles et la lutte contre la corruption.

Une session introductive pour interpeller les candidats sur les enjeux cruciaux du moment

Modérée par Dr Cheikh Guèye, Secrétaire Général du SENRTT, cette session a permis de poser un regard critique sur les enjeux du scrutin présidentiel et de mettre en perspective cette importante échéance du calendrier national avec les problématiques majeures du moment (souveraineté alimentaire, emploi des jeunes et migrations, gestion des ressources naturelles et bonne gouvernance). L’objectif était d’interpeller la classe politique sur la nécessité d’accorder une place de choix à ces questions et de trouver des réponses urgentes aux défis qui se posent pour influer sur les débats programmatiques sur l’avenir des jeunes.

Quatre Policy briefs issus de l’état des lieux des connaissances sur les quatre thématiques prioritaires ont ainsi été partagés et discutés à l’occasion de cette session. 
Sur la question de la souveraineté alimentaire, ses enjeux, notamment, Dr Ibrahima Dia, chercheur associé à IPAR think tank, spécialiste agricole à l’ISRA et collaborateur de la FAO, a insisté sur « la nécessité d’avoir une compréhension approfondie des défis qu’elle pose  ». M. Dia a fait savoir que « les limites des ressources imposent des choix judicieux pour atteindre des objectifs durables ». Il est ressorti de sa présentation que dans ce contexte, « les problématiques émergentes exigent des réponses adaptatives et innovantes ». Il plaide pour une approche holistique prenant en compte la préservation des chaînes de valeur agricoles qui est une pierre angulaire pour garantir une production alimentaire robuste et équitable. Face aux changements de paradigmes, il est impératif, selon lui, d’adopter des approches novatrices et d’anticiper les évolutions futures. En somme, il recommande une collaboration entre le gouvernement, les organisations de la société civile et les acteurs de terrain, pour bâtir une vision commune et construire des politiques agricoles assurant une souveraineté alimentaire durable.

Le Policy brief sur la migration et de l’emploi des jeunes au Sénégal, présenté par Dr Khadim Bamba Diagne, économiste et chercheur, a attiré l’attention du public sur « l’explosion de l’émigration clandestine  » et a souligné l’urgence d’une réflexion approfondie autour de la question. Le document révèle une absence de politique de migration formelle. Il faut selon Dr Diagne, comprendre les causes de cette migration. « Le chômage, les emplois vulnérables, le développement du secteur privé formel, l’environnement des affaires et le Plan Sénégal Émergent sont autant de facteurs à prendre en considération » dans les futures politiques. Il estime qu’il faut « élaborer une stratégie claire ». Dans ce cadre, il est impératif d’après lui que « l’État pense à la sécurité des jeunes, favorise l’accès à des formations et revoit les contrats de pêche avec l’Union Européenne  ». Pour finir, Dr Diagne soutient que « la chaîne d’exploitation du pétrole et du gaz doit également être examinée attentivement ».

La thématique de la gouvernance des ressources naturelles au Sénégal a également fait l’objet de débat à travers la présentation d’un Policy brief qui met en exergue des défis significatifs, en particulier, dans les secteurs du pétrole, du gaz, de la pêche et de l’agriculture. Ces secteurs jouent un rôle vital dans l’économie nationale et leur bonne gestion profiterait à l’ensemble de la population. M. Elimane Kane de LEGS Africa qui a fait la présentation, a recommandé « une gouvernance démocratique et plus de la transparence », rejetant au passage les modèles de contrats actuels qui ne servent pas toujours les intérêts nationaux. Il a, ensuite, souligné la « nécessité d’une réévaluation des accords avec les multinationales pour favoriser un développement durable et équitable » et une valorisation des ressources forestières, la promotion d’une agriculture durable, le développement des énergies renouvelables et une gestion judicieuse des ressources en eau.

Le dernier Policy brief axé sur la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance et la transparence, présenté par M. Abdoulaye Cissé de Enda ECOPOP, met l’accent sur les axes majeurs pour renforcer la gouvernance financière tels que la mise en place de politiques de financement harmonisées, en accord avec l’UEMOA , la nécessité d’outiller les structures de jeunes sur ces enjeux, le renforcement de l’indépendance des institutions d’audit financier et des capacités de leurs agents , une collaboration accrue entre acteurs financiers et organisations de la société civile pour favoriser un échange fructueux.

Les acteurs de la société civile plaident également pour la signature d’un décret favorisant l’accès à l’information financière. Par ailleurs, une campagne de communication, les mécanismes de participation existants notamment les comités régionaux de suivi, le soutien aux initiatives de contrôle citoyen, etc. sont des leviers essentiels pour garantir la reddition des comptes.

Cinq candidats exposent leurs programmes

L’objectif majeur de cette journée était d’interpeller les candidats à la présidentielle ou leurs mandataires présents sur les réponses proposées, au travers de leurs programmes politiques, pour prendre en charge les questions et les défis soulevés plus haut.

Trois candidats ont été auditionnés à cette occasion. 
Les liens vers les communications des trois candidats sont accessibles ci-dessous :

En plus de ces trois candidats, les représentants de deux autres formations en lice ont egalement ete entendus sur leurs programmes.

Un exercice à pérenniser…

Dr Cheikh Oumar BA, Directeur exécutif du think tank IPAR et président du Réseau sénégalais des think tanks, a souligné l’importance de cette journée internationale des think tanks qui « permet d’échanger sur l’élaboration des prises de décisions dans un monde en constante évolution ».
Dr Ba, a indiqué dans son allocution que « les think tanks jouent un rôle essentiel en tant que véritables laboratoires d’échange d’idées ». Il a dans ce sens expliqué que dans le contexte électoral actuel, « Les Think tanks sont des moteurs essentiels pour la formulation de politiques éclairées et la promotion du dialogue constructif ».

Abondant dans le même sens, M. Malick Diop, président de la plateforme des acteurs non-étatiques a laissé entendre que « cet exercice ne se limite pas à questionner les politiques publiques, il représente une opportunité de lecture scientifique pour éclairer les décisions et renforcer l’engagement envers une société plus équitable et prospère  ».

Membre de la société civile, Mme Khady Fall Tall de l’Association des femmes de l’Afrique de l’Ouest (AFAO) a indiqué que « dans le contexte actuel, construire le pays de demain signifie contribuer activement. Écouter, questionner les candidats, donner notre avis sur des sujets techniques, thématiques et sociaux sur ces quatre thématiques proposées guideront les réflexions de la société civile", selon elle.

Pour Sobel Ngom, directeur exécutif du Consortium Jeunesse Sénégal, « cette initiative, qui aborde les défis majeurs du développement de notre pays, offre une plateforme pour partager des recommandations car, c’est à travers ces échanges, que nous pouvons faire face aux enjeux qui façonnent notre avenir ».

Le SenRTT envisage de répéter cet exercice avec d’autres candidats ou leurs représentants afin de leur permettre de se prononcer sur ces mêmes enjeux.
L’objectif est de recevoir tous les 20 participants à l’échéance du 25 février prochain, a soutenu le directeur exécutif de IPAR Think Tank, Cheikh Oumar Ba.

En 2012, poursuit M. Ba, " nous avions fait la même chose avec les 14 candidats de l’époque. Sept ans plus tard, nous avons reconduit le même format. C’est une invitation à un débat de fond, loin des questions de politique politicienne. Les candidats nous exposent les réformes qu’ils comptent apporter, une fois à la tête du pays. À notre niveau, nous leur formulons des recommandations. C’est un échange, encore une fois. Notre seul objectif c’est de prendre part efficacement à ce rendez-vous du 25 février prochain”.

Dans la presse...

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